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Thème d’année:

Seigneur, apprends-nous à prier !

Je t’aime, moi non plus : L’acte pénitentiel

Nous l’avons vu la dernière fois, la liturgie commence par confesser la foi de l’Église à travers le signe de la croix. Mais confesser veut aussi dire avouer ses péchés. Toute confession des péchés est seconde par rapport à la confession de la miséricorde de Dieu notre Père. La liturgie est éducatrice de notre prière et de notre foi. Nous reconnaissons nos péchés, notre difficulté à vivre dans l’Alliance après avoir contemplé le Christ et la rédemption.

L’acte pénitentiel est un appel à la miséricorde de Dieu. Le péché est toujours un refus de Dieu, plus ou moins grave, plus ou moins direct. Mais cela nous rend inapte pour la célébration de l’Alliance. Le « rendez-vous » avec Dieu ne s’improvise pas. Il faut se purifier le cœur quand on entre dans ce condensé de l’œuvre de Dieu qu’est l’Eucharistie.

Il y a plusieurs formules pour l’acte pénitentiel qu’il est bon de rappeler ici. Chacune commence par quelques instants de silence permettent d’examiner sa conscience à la lumière de Dieu.

a) le « Je confesse à Dieu »

On se reconnaît pécheur devant Dieu, les autres, la Vierge, les saints. On précise les principales modalités du péché : « en pensée, en parole, par action, et par omission ». Il y a comme une gradation. On passe des fautes intérieures aux actes visibles. Le péché d’omission est grave : arriver en retard à la messe du dimanche ou ne pas rendre un service qui serait utile. Le « Je confesse à Dieu » nous fait demander la prière des frères : nous sommes solidaires dans le péché, mais nous le sommes encore dans la sainteté. La formule d’absolution implore le pardon plus qu’elle ne l’effectue. Il a noté que seul le sacrement de réconciliation absout les péchés graves ou mortels. Il est bon de relire le Catéchisme de l’Église Catholique n° 1854 au 1864.

b) Seigneur accorde-nous ton pardon…

…Nous avons péché contre toi. Montre-nous ta miséricorde et nous serons sauvés.

Ces courts versets de l’Ecriture (Ps 50 ; 112,3 ; Jr 14,20 ; Ps 84, 8) expriment bien notre attitude devant Dieu, au moment de la célébration de l’Alliance.

c) le Kyrie eleison chanté après les deux premières formules

Cette expression grecque signifie : Seigneur, prends pitié. On la trouve dans les Psaumes (4,2 ; 6,3 ; 9,14 ; 25,11…). Il y a une portée trinitaire (Père, Fils, Esprit).

d) les invocations qui regroupent et remplacent les deux premières formules et le Kyrie.

C’est comme un développement du Kyrie. Elles sont christologiques. On ne les invente pas car elles sont données par le Missel Romain.

e) l’aspersion

C’est le rite de la vigile pascale, en mémoire de notre baptême. L’eau sert la vie si elle est fécondée par le souffle de Dieu (Gn 1,2). Elle peut tout détruire (Déluge). Vie et mort ! Principe de mort, l’eau purifie, libère des fautes (Ez 36,25), principe de vie, l’eau donne naissance (Ez 47, Ap 22,1-2).A l’aspersion ou lorsqu’on entre dans une église, l’eau bénite permet de raviver les effets de notre baptême, en proportion de notre foi vive.

+ Abbé Éric PICHARD, Curé.