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Thème d’année:

Seigneur, apprends-nous à prier !

L’édito de la semaine 

Silence on tourne…

Chacun d’entre nous, lorsque nous invitons (ou que nous sommes invités) nous nous préparons… Nous préparons le repas, nous pensons aux vêtements, aux cadeaux etc. Et lorsque les invités arrivent nous nous rendons disponibles à eux. Nous viendrait-il à l’idée de faire autre chose lorsque l’hôte se présente ?

Nous pouvons dire que la condition de toute rencontre est de se rendre présent à l’autre. Il en va de même pour notre préparation à la messe. Je ne souhaite pas ici être trop caricatural et dire qu’il faut prendre un air compassé et se confondre en prière apparente tout en refusant de se dire bonjour dans un air qui signifierait : « chut, moi je prie » … Il y a une forme de prière hypocrite que Jésus dénonce souvent. Mais l’inverse est vrai aussi… et je vais même plus loin : nos discussions sont-elles vraiment inspirées par le fait de s’accueillir et de se rendre présent à l’Autre (Dieu) et aux autres ?

Il est vrai qu’il est important de se saluer et de s’accueillir mutuellement. Mais la messe si elle est un rendez-vous communautaire et fraternel n’est pas un rendez-vous mondain… je vous laisse relire ce que dit le pape François à propos des mondanités.

Je pense que vous m’avez vu venir… je souhaite parler du silence. Le silence n’est pas un en-soi. Ce n’est pas un silence de bien-être personnel. C’est un moyen pour accueillir et rencontrer en profondeur. L’enjeu c’est la qualité de notre participation « consciente, active et fructueuse » à la liturgie. Il en va donc de nos dispositions personnelles à recevoir la grâce (le cadeau) que Dieu me fait et à grandir dans la Foi. Voici ce que dit le Concile Vatican II à ce sujet : « Mais, pour obtenir cette pleine efficacité, il est nécessaire que les fidèles accèdent à la liturgie avec les dispositions d’une âme droite, qu’ils harmonisent leur âme avec leur voix, et qu’ils coopèrent à la grâce d’en haut pour ne pas recevoir celle-ci en vain ».

Une dernière chose : « le silence ne se réduit pas à l’absence de paroles, mais consiste plutôt à se préparer à écouter d’autres voix : celles de notre cœur et surtout la voix de l’Esprit Saint » (Audience du mercredi, Pape François).  Le silence est donc en vue d’un jaillissement de la Parole de Dieu.

Chacun au fond de son cœur peut prendre une résolution pour se préparer à rencontrer le Seigneur et disposer tout son être à cette rencontre. Par exemple en invoquant l’Esprit-Saint ; en priant un « Je vous salue Marie » ou un « Notre Père » ; en prenant un temps de silence à genoux ou assis. On peut répéter dans son cœur aussi des phrases toutes simples : Jésus je t’aime ; Jésus prépare mon cœur ; Jésus merci de Te donner à moi, etc.

« L’homme post-moderne ne comprend plus l’éternité divine et mystérieuse. Sans bruit, il tombe dans une agitation sourde et lancinante. Il s’est accoutumé à un bruit de fond constant qui l’étourdit et lui apporte un réconfort ».

« Dieu est présent dans l’homme, avant de se trouver dans le désert, bien avant la solitude et le silence. Le véritable désert se trouve en nous, dans notre âme ».

La force du silence : contre la dictature du bruit,

par le cardinal Robert Sarah avec Nicolas Diat, Fayard, octobre 2016