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EDITO DE LA SEMAINE

Lettre pastorale de notre évêque pour le carême

La vie de prière par l’oraison 10/16                         dimanche 21 fevrier

Comment prier ? À travers Jésus qui s’est fait homme

La dernière fois nous insistions sur le primat de l’action de Dieu dans l’oraison et de l’amour de Dieu. Un autre grand principe doit nous habiter dans l’oraison.

Quel est le moyen de rejoindre Dieu ? Il n’y a qu’un seul moyen, un seul médiateur, Jésus, vrai Dieu et vrai homme. C’est par l’humanité de Jésus que la divinité nous rejoint. C’est aussi par l’humanité de Jésus que nous pouvons rejoindre le divin. Car nous sommes des êtres de chair et de sang et nous avons besoin de supports sensibles pour arriver jusqu’aux réalités plus spirituelles. Dieu le sait bien ! Et c’est ce qui explique l’Incarnation ; en Lui, le divin s’est fait humain et par Lui l’humain rejoint le divin. Jésus est le chemin qui nous mène au Père. Et l’humanité de Jésus est pour nous cet espace immense de communion avec Dieu. Chaque aspect de son humanité, chacune de ses paroles, chacun de ses gestes et de ses signes, chacune des étapes de sa vie terrestre nous met en communion avec le Père si nous savons les accueillir dans la simplicité de la foi. Parcourant cette humanité de Jésus comme un grand livre écrit à notre intention, nous ne cessons de grandir dans une communion avec le mystère insondable de Dieu. Cela signifie pour nous que toute oraison sera toujours fondée sur un certain rapport avec l’humanité de Jésus-Sauveur pour nous mettre en communion avec Dieu.

Bérulle exprime combien les mystères de la vie de Jésus que nous lisons dans l’Évangile et méditons aussi dans l’oraison et le chapelet, restent des réalités vivantes capables de nous relier au divin :

« Ces mystères sont passés… et ils durent et sont présents et perpétuels… ils sont passés quant à l’exécution, mais ils sont présents quant à leur vertu et leur vertu ne passe jamais… Cela nous oblige à traiter les choses et les mystères de Jésus non comme des choses passées et éteintes mais comme des choses vives et présentes dont nous avons nous aussi à recueillir un fruit présent et éternel ».

Il y a de nombreuses façons d’être en contact avec l’humanité de Jésus : contempler ses faits et ses gestes, méditer ses actes et ses paroles, chacun des événements de sa vie terrestre, les conserver dans notre mémoire, regarder son visage dans une icône, l’adorer dans son Corps réellement présent dans l’Eucharistie, prononcer avec amour son Nom et le garder dans notre cœur. Tout cela permet de faire oraison du moment que ce ne soit pas par curiosité intellectuelle mais dans une recherche amoureuse. La connaissance purement intellectuelle ne sert à rien. Il faut la foi, car seule la foi peut nous aider à entrer un peu dans ce mystère caché aux sages et aux savants et révélé aux tout-petits.

Ste Thérèse d’Avila propose pour l’oraison de vivre en compagnie de Jésus comme un ami avec lequel on dialogue, qu’on écoute : « Nous pouvons nous représenter nous-mêmes devant le Christ, nous exercer à vivement nous éprendre de son humanité sacrée, vivre en sa présence, lui parler, lui demander ce dont nous avons besoin, nous plaindre à lui de nos peines, nous réjouir avec lui de nos joies, et ne pas l’oublier pour autant, sans chercher des prières apprêtées, mais des mots conformes à nos désirs et à nos besoins »…