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L’EDITO DE LA SEMAINE

Jour du Seigneur… Jour de l’Homme…


Il y a tout juste un an de cela, un édito rapportant une anecdote helvétique sur le repos dominical avait été l’occasion de réfléchir sur la sanctification du dimanche (pour rappel : en Suisse, la plupart des magasins ferment le samedi après-midi vers 16h pour commencer paisiblement le dimanche, jour où quasiment aucun ne seront ouverts ; le bon vacancier français que j’étais, faisant ses courses un samedi après-midi d’été avait dû ainsi terminer illico presto ses courses à peine commencées, repris par un employé ahuri de me voir encore dans les rayons seize heures passées…). Force est de constater que depuis quelques mois ce thème est plus que jamais d’actualité, la crise sanitaire et l’incurie politique ayant entrainé ces périodes d’interdiction du culte publique que nous subissons depuis mars dernier. Plus de messe dominicale ! Mais alors, comment vivre le dimanche ? Tout chrétien fut contraint de se poser la question, et avouons qu’au moins au début un certains désarroi a pu gagner beaucoup d’entre nous. Je repartage donc une partie de cet édito de l’an dernier pour reprendre cette question qui nous touche très concrètement ces temps-ci… Il nous faut redécouvrir les diverses manières de sanctifier le dimanche, dont beaucoup ont été oubliées avec la déchristianisation galopante de notre société depuis plusieurs décennies (« ont va à la messe le dimanche, nous… c’est déjà pas mal » serions-nous tentés de dire un peu rapidement…)


« Le jour du Seigneur tu garderas, en servant Dieu dévotement » ; la sacrosainte messe dominicale rendue impossible ces temps-ci, que faisons-nous pour « endimancher » cette journée et vivre pleinement le troisième commandement ? Bien sûr il y a la sanctification « directe », c’est-à-dire la prière : le dimanche est peut-être le jour où on doit particulièrement la soigner (seul le matin et/ou le soir, en couple, en famille, avant le repas…). Quel temps de prière aussi pour remplacer le moment de la messe (nous commençons malheureusement à en avoir l’habitude : célébration familiale de la Parole, chapelet, célébration radiodiffusée, visite au St-Sacrement dans l’église restée ouverte…). Mais quels sont ces autres moments du dimanche chrétien, par lesquels nous le sanctifions « indirectement », nous donnant de profiter par irradiation de son caractère sacré et d’en faire un jour par comme les autres ?


Saint Jean-Paul II nous éclaire : « Si la participation à l’Eucharistie est le coeur du dimanche, il serait cependant réducteur de ramener à cela seul le devoir de le « sanctifier ». Le jour du Seigneur est en effet bien vécu s’il est tout entier marqué par la mémoire reconnaissante et active des merveilles de Dieu. Cela engage chacun des disciples du Christ à donner aussi à d’autres moments de la journée, vécus en dehors du contexte liturgique (la vie de famille, les relations sociales, les temps de détente) un style qui aide à faire ressortir la paix et la joie du Ressuscité dans le tissu ordinaire de la vie. » (Lettre apostolique « Le jour du Seigneur », n°52. A (re)lire ?).


Commençons par être vigilant sur ce qui peut relativiser ce dimanche. Ne serions-nous pas tentés parfois par quelques travaux le dimanche (un courriel à envoyer, un dossier à préparer pour lundi, des copies à corriger, un outil à réparer, un tracteur à vidanger…). Et puis indirectement, est-il nécessaire de faire nos courses un dimanche (et ainsi obliger d’autres à travailler ce jour-là ; « oui mais ils ont le choix… » bien sûr… ! on connait quelle liberté l’ultra-capitalisme libertarien laisse à ses enfants… !). Ce n’est pas si anecdotique que cela, mais bien vital pour notre foi.


Ensuite il nous faut donc développer le dimanche ce « style qui aide à faire ressortir la paix et la joie du Ressuscité » : vivre paisiblement ces quelques heures dominicales, ne pas les suroccuper en enchainant les divertissements et plaisirs superficiels ; prendre du temps avec ses enfants, son époux, sa famille, ses amis, sans se laisser parasiter par les tâches ménagères ou d’entretien (du repassage à faire, une haie à tailler…) ; améliorer telle ou telle choses de la vie ordinaire, avoir des rituels propres au dimanche (habillement, nourriture, décoration, bougie allumée, fleur au coin prière…). Vivre et nourrir des moments de joie simple, profonde, intérieure : partager un vrai repas en famille, contacter des personnes que l’on sait plutôt seules, donner de son temps pour les autres, lire un bon roman, jouer ou se promener en famille, contempler la nature… Le tout sans se laisser parasiter par le numérique (qu’il pourrait être bénéfique de couper ce jour-là…). Le temps passe vite, les enfants grandissent vite… Profitons du dimanche pour arrêter un tant soit peu le cours/la course du temps et vivre intensément les heures libres qui nous sont données !


Bref, elles ne manquent pas ces petits choses à (re)découvrir pour vivre la gratuité et sanctifier pleinement le jour du Seigneur. C’est ainsi que nous pouvons entretenir cette vie spirituelle (au sens large de vie intérieure, de vie de l’esprit), qui est le propre de l’être humain, par laquelle même il est pleinement humain, et qui s’enracine en Dieu (c’est pour cela que les Dix commandements, résumé et rappel de la loi naturelle, partagé par toute l’humanité, comporte le repos hebdomadaire, vital pour l’être humain). Bien sûr, à l’impossible nul n’est tenu… mais n’est ce pas en faisant une place à Dieu dans notre vie que l’impossible devient possible… ? Ne serait-ce pas là, in fine, l’enjeu du dimanche… ? Un beau témoignage et un service pour notre société qui a oublié le sens du dimanche et qui se déshumanise toujours plus… Bon et saint dimanche !


Abbé Jimmy Faucillers, vicaire.